Un après‑midi banal peut se transformer en tempête émotionnelle.
Suivez Sylvie dans cette journée où tensions, colère et dépassements de limites la confrontent à des choix. Découvrez comment elle choisit de se reconstruire.
Quand le respect se brise !
Elle aimerait vivre dans la joie ces quelques minutes qu’elle a devant elle avant de retomber le nez dans ces dossiers qui retiennent son attention depuis quelques semaines.
Mais cette panne informatique vient tout compliquer.
Commencer un nouveau projet professionnel accapare plus que l’on ne le souhaite.
Cette tension provoque des remous difficiles à gérer avec son partenaire.
Il ne se sent plus autant le centre du monde et son agacement devient palpable.
Il revendique des attentions spécifiques pour lui permettre de se détendre aussi de ses journées de travail. Réclamant comme un dû l’attention de Sylvie.
Et maintenant, encore un obstacle à surmonter ! Cette fichue machine qui ne répond plus à ses commandes !
Ces soucis informatiques vont l amener à consulter un de ses vieux amis qui est un spécialiste en la matière.
Un vrai geek des nouvelles technologies qui lui offre gratuitement son aide et ça ne se refuse pas quand on démarre un nouveau projet professionnel.
Mais Eric, son partenaire est jaloux, il n’apprécie pas cette amitié entre Gilou et son amoureuse.
Cette après midi pendant que Monsieur va entretenir ses gros bras, elle va voir Gilou pour qu’il lui montre comment faire face à un ordinateur qui fait des caprices.
Quelques heures plus tard, le diagnostic vital de son ordinateur tombe.
Le professeur Gilou, expert informatique, déclare le décès de l’outil.
Il propose de l’accompagner jusqu’au magasin pour l’aider à trouver un remplaçant efficace.
Elle fait une moue de déception et accepte le deal.
Quelle tuile !!!Elle est beurk !!!
Aller ma grande !!! Respire un bon coup et Go ! Faut ce qu il faut !
Soutenue par Gilou, la voilà en chemin vers la solution incontournable pour la pérennité de son affaire. Ça va lui couter un bras encore cette histoire !
Ça y est, l’outil a été choisi et payé. Ouf ! Un problème réglé ! Elle verra plus tard avec son conseiller financier.
Elle a laissé sur le chemin du retour son ami chez lui et pense à tout ce travail qui l’ attend pour rattraper le temps perdu et qui file à tout allure.
Elle est fatiguée de sa journée et harassée par tout le boulot encore à faire pour mettre ce nouvel ordinateur en état de marche.
Encore un peu de sang froid, de patience ! Et hop ! Le problème sera surmonté.
Mais cette journée bien remplie ne s’achèvera pas sans tensions …
Elle gare sa voiture dans l’allée du jardin prévue à cette effet et sort ses clefs pour ouvrir la porte d’entrée.
A peine, le premier pied posé à l’intérieur de son domicile, son hercule amoureux, vient lui faire remarquer qu’il est tard et qu’elle n’avait pas le droit de le laisser sans nouvelle toute une après-midi.
Qu’il s’est inquiété de ne pas savoir où elle était ?
Il ne savait pas ce qu’elle faisait alors il a bu une bière ou deux pour se détendre et patienter.
Une solution étrange non ?
Elle remarque que son phrasé notifie quelques bières supplémentaires mais ne dit rien pour ne pas mettre de l’huile sur le feu.
Elle est suffisamment préoccupée comme ça pour supporter en plus une dispute qui viendrait faire déborder un vase déjà plein.
Mais la grandiloquence d’Éric s’érige comme une sanction. Le ton monte. Le discours devient moralisateur et dépasse la bienveillance.
Elle pose ses arguments calmement mais il écoute sans écouter.
Il ne se focalise que sur ses besoins, ses attentes et l’ancienneté de sa relation avec Gilou.
« C’est ton EX !!!! Je ne supporte pas que ma femme voit un autre homme dans mon dos !!! Et c est ton Ex !!!!»
Oui ! Gilou est un Ex ! mais c’était il y a très longtemps et bien avant toi Éric !!! Aujourd’hui, je t’assure que nous ne sommes qu’amis ! Et j’ ai eu besoin de lui pour ses conseils en informatique ! Je ne vois pas le mal que j’ ai fait et qui te met dans cet état !
Par-dessus sa voix, Éric bafouille, cafouille, s’électrise, sort un peu de sa posture de partenaire habituelle d’homme compréhensif et à court d’argument, lâche un « Ta Gueule !!! » violent.
Sidérée par l’insulte, par l’expression sur le visage d’Éric, par cette situation qui dégénère avec beaucoup d’injustice, elle tente de refouler les larmes qui frôlent ses cils et le sanglot de tension qui fait frémir ses lèvres.
Elle respire un bon coup.
Puis emprunte aussi la voie des débordements pour lui répondre qu’elle ne peut tolérer ses éclats non fondés ! Qu il met en péril sa confiance en lui ! Et lui demande de partir de la maison afin de laisser retomber toutes ces tensions de colère.
Il n’est pas d’accord.
Il rechigne.
Il proteste.
Il continue à ne pas vouloir l’écouter.
Face à cette situation, Sylvie réalise que certaines limites ne peuvent être franchies
Elle prend un sac de voyage, remise à l’intérieur quelques affaires d’Éric et se dirige vers l’entrée.
Elle ouvre la porte et lui montre la sortie.
Éric comprend qu’il a été trop loin. Il a commis une erreur.
Il tente de se racheter mais pour l’instant aucun retour en arrière n’ est possible pour Sylvie.
Elle est droite comme un I et tend le sac de voyage à cet homme qu’elle aime mais qu elle ne connaissait pas sous cet angle. Sa posture est sans appel.
Le dernier regard qu’il lui lance est plein de fureur et ses mâchoires sont serrées.
Puis, il baisse la tête comme un enfant que l’on gronde…
Sylvie est frappée par le poids d’ une culpabilité qu’il lui impose.
Cette maison n’est pas à lui.
Sylvie l’a invité à y demeurer, à la suite de certains aléas de la vie qui ont été insupportables à gérer pour elle seule.
Elle a perdu toute sa famille dans un accident de voiture.
Devenir orpheline à 30 ans est un choc émotionnel horriblement difficile qu’elle surmonte comme elle peut.
Cette situation fait réfléchir Sylvie sur les limites à ne jamais franchir.
Pour l’heure, elle a besoin de se reposer.
De prendre une douche et de fermer les yeux pour oublier cette cassure qui fracture sa relation.
Epuisée, elle s’endort emmitouflée dans sa couette. Ses yeux sont gonflés par toutes les larmes qui se sont échappées sans aucune maitrise un fois la porte d’ entrée refermée. Même la douche n’a pas permis d’arrêter ce flot qui s’est déversé sans retenue.
Elle a fini par plonger dans un sommeil agité et secoué de spasmes nerveux.
Malgré tout, elle a dormi un peu.
A son réveil, le côté du lit habituellement occupé par Éric est froid et les souvenirs de la soirée d’hier lui reviennent en force.
Mais que s’est-il passé ?
A-t-elle bien fait de le mettre à la porte de la sorte ?
A-t-il fait exprès de lui dire « TA GUEULE !! » ?
L’amour peut-il encore exister après cela ?
Comment va-t-elle vivre ce manque de l’autre ?
Une multitude de questions qui sème le doute dans sa tête !
Et Une sorte de culpabilité qui l’englue.
A-t-elle eu raison de réagir comme elle l’a fait ? Ou est-ce son égo qui lui montrait un chemin qu’elle n’avait pas du tout envie d’emprunter ?
Une douche fraiche, un café et quelques coups de fils plus tard, elle reste pensive et indécise quant à la décision définitive à prendre. Les échanges avec ses amies sur la situation lui confirment qu’ il y a eu Red Flag.
Face à cette situation, Sylvie comprend que certaines règles ne peuvent être transgressées…mais reste stoïque malgré tout.
Elle sait que les secondes chances ne peuvent exister que si le respect de la vie, de l'être et des libertés sont présents.
Ce respect, une fois fracturé, ne repousse pas.
On ne reconstruit pas la dignité comme un objet cassé.
Dans sa tête, c’est le défilé des jolis souvenirs …
Mais elle sait qu’ il ne sert à rien de ressasser le passé même si de très bons moments ont eu lieu.
Les instants heureux sont parfois les pièges les plus subtils : ce sont eux qui font douter.
Ils ne prouvent rien et ils n’effacent rien.
S’adapter à la situation ce serait se soumettre à tous les excès de l autre mais aussi aux siens. Ce serait la porte ouverte au déchaînement des passions qui ne mettrait que le feu dans leur communication.
Quand les mots violents frappent, le retour en arrière est difficile voire impossible.
La relation devient un terrain miné.
On y déambule avec cette crainte silencieuse et sous-jacente qui ronge à petit la structure même du couple.
Ce qui a blessé une fois peut se reproduire.
Il est préférable de regarder devant soi pour envisager un autre chemin même si c est difficile à concevoir.
Avancer, ce n’est pas oublier : c’est se sauvegarder.
C’est la redistribution des libertés pour chacun.
L’inconnu n’est pas un danger : c’est un voile qui ne demande qu’à être soulever.
Après cette confrontation, Sylvie comprend que le stress est le moteur de la renaissance.
L'aventure qui s’offre à elle, est une succession de découvertes que parfois elle ne souhaitera pas. Mais le plus souvent qui se révèlera comme des mains tendues dans la quête de ce nouveau moi qui appelle à être reconnu.
Des luttes intérieures seront à mener pour éviter de régresser et de rebrousser chemin.
La petite voix qui murmure « peut-être qu’il ne le refera pas… » est souvent l’empreinte d’une emprise qui actionne ce maudit levier de la culpabilité.
Le doute est normal, mais ce n’est pas une voie sécure.
En s'alliant avec d'autres, famille, amis proches, des professionnels qui accompagnent, des associations refuges, l'avenir peut recommencer à se tisser autrement.
Personne ne sort d’un cycle violent seul.
Le soutien n’est pas une faiblesse : c’est une béquille indispensable pour apprendre à faire les premiers pas dans la solitude du célibat.
Le monde ne change pas, mais notre vision du monde peut évoluer.
En retirant les filtres imposés par la peur ou l’habitude, on redécouvre les splendeurs de la vie que l’on croyait perdues.
Après la pluie de larmes, les couleurs de l’arc-en-ciel sont toujours là, il suffit d’oser enlever les lunettes qui nous en cachent la beauté.
Se fabriquer de nouveaux souvenirs chasse ceux laissés par la manipulation insidieuse que l’on vient de subir.
Etheyas Soeren
La femme qui reprend sa voix


