Écrire est une mue, pas sage !

CHRONIQUES

Dominique Sotiras

12/29/20252 min temps de lecture

Écrire est une mue, pas sage !

Marguerite Duras disait que l’écriture oscille et prend forme entre une impossibilité d’écrire et une nécessité de le faire.

Combien de fois je me suis retrouvée devant cette page blanche, à batailler, incapable de m’en détacher tant qu’une tache ne vienne s’y loger. Un point, un trait, une marque devait naitre sur cette immensité blanche. Un dessin, un mot, une empreinte, un point de départ pour une mue symbolique.

Laisser sa trace, c’est grandir un peu à chaque mot posé.

Chaque idée exprimée est le début d’une construction de mondes.

Mon monde ou un champ des possibles.

Ça y est, j’y suis !

Je sors de ma brume, de mon brouillard mental.

J’accomplis mes premiers pas dans l’Univers.

Chaque lettre en définit les contours.

Écrire, c’est une voix qui chuchote, parle, chante, crie, hurle l’incandescence du vivant.

L’écriture est un vêtement, un déguisement.

Les souffrances, les maux silencieux, les déchirements se travestissent en sublimes notes.

Les personnages prennent vie et se racontent souvent à l’opposé de soi et quelques fois en filigrane de soi.

Le verbe se conjugue dans la fulgurance d’une inspiration.

Une partie de l’être nait. L’invisible est en action.

Ce qui s’est tu, ce qui a été modelé par l’éducation, les conventions ou les peurs, ose mettre son nez sur la page pour enfin se manifester.

Le Désir des mots bouscule les codes.

La sensualité du verbe conjugue l’imaginal et la matière.

Ecrire devient charnel.

C’est un strip-tease de l’ego.

C’est une délivrance.

C’est mon cœur, ici sur la page, offert comme un don de moi à vous et seulement pour vous et moi.

Ai-je effleuré le vôtre ?

Bouleversé vos méninges ?

Expansé votre temps ?

Ouvert un chemin ?

Les mots sèment toujours des graines insoupçonnées quand je les convoque à se montrer.

Peut-être même que je suis passée à côté de l’essentiel du message à délivrer…

Qu’importe !

Sur la toile, le croquis qui a pris forme, a libéré un besoin, une nécessité, un désir de vie.

De ce corps, de cette chair, comme une caresse douce et parfois brutale sur le papier, l’apocalypse se vit comme un orgasme.

Etheyas Soeren,

La femme qui reprend sa voix.