Du mythe amoureux au mythe politique.
CHRONIQUES
Dominique Sotiras
1/8/20265 min temps de lecture


C’est un texte pour ceux qui ont envie de penser, pas pour ceux qui cherchent du divertissement immédiat ou de la confirmation facile.
Oups ! ce coup-ci je vous emmène avec moi dans mes souvenirs.
Je remonte la piste d’un fil rouge longtemps suivi qui est celui de la Flamme Jumelle.
Ne riez pas ! c’est un joli mythe qui construit contrairement à ce que l’on voit sur le net : la version New Age qui fait penser à de la dépendance affective, voire si on écoute certains témoignages, à une pathologie psychiatrique.
Il y a 4 jours, dans mon feed, sous mon nez sans aucune volonté propre : l’interview d’une Flamme Jumelle s’est laissée voir.
3 ans de silence complet sur le sujet après avoir nettoyé tous mes historiques de navigation internet de toutes ces recherches sur le sujet.
J’ai même changé de boite mail, de téléphone portable, d’ordinateur et même de portail de recherches internet.
Je me suis fait comment dirais-je ? Une totale !
J’étais revenue à un mode plus ordinaire et c’était bien.
Les Flammes Jumelles, c’était presque oublié !
En août ou septembre 2025, des synchronicités, des images, des heures miroir m’ont interpellé pendant mes méditations, en regardant une horloge numérique ou un chiffre dans les codes internet.
Je me disais que c’était le syndrome post-traumatique de ce parcours.
Je ne les lis plus comme des signes, mais comme les résidus psychiques d’une expérience puissante.
J’ai surtout eu besoin de remettre un pied dans mes pratiques spirituelles abandonnées pour cause de ras le bol, d’overdose de FJ.
Une expérience de la sorte laisse une empreinte, des souvenirs, des ressentis uniques et un élan d’amour intérieur pour la vie, pour l’autre, pour tout, incroyable et irremplaçable.
Aujourd’hui je peux vous écrire pour vous la raconter mais pendant très longtemps les mots restaient coincés dans les tuyaux.
Ce matin, je me suis levée avec une idée de vous parler dans cet article d’archétypes, de mythes, de contes, de légendes et hop me voilà à vous parler de Flammes Jumelles.
Ne vous trompez pas ! Je ne vais rien vous vendre, juste parler d’un tas de sujets qui peuvent aussi parler de ces fameuses Flammes Jumelles.
Ce mythe-là est un bon exemple pour comprendre comment fonctionnent tous les mythes.
De ce besoin de rêve qui est chevillé à notre corps.
Ce besoin viscéral d’un autre qui nous complète et nous invincibilise.
N’oublions pas que nous nous sommes construits dans le ventre de quelqu’un.
Ce besoin d’oublier la réalité pendant un moment, ou de façon régulière.
C’est une nécessité de se projeter dans une histoire différente que celle du quotidien qui sclérose.
L’imaginaire n’est pas une fuite de la réalité, c’est un outil de survie.
L’humain rêve pour supporter, transformer, anticiper le réel.
Les mythes sont alors des laboratoires de la psyché.
Le mythe n’est pas une destination, mais un passage.
C’est ainsi que les sociétés se racontent pour exister.
Les mythes ont été inventés par l’homme pour sacraliser l’inexplicable.
Les Égyptiens donnaient des noms de Dieux aux choses, aux êtres vivants pour qualifier leur force, leur énergie de vie qui dépassait la leur.
Une façon de donner du sens à leur monde et leurs peurs.
Sur la base de ces mythes, les sociétés se sont construites sur des archétypes.
Ils sont notre alphabet universel : le héros, le guide, l’adversaire, le traître, l’initié, le profane, âme-sœur, la déesse, la mère, la sorcière, la putain, le vieux sage, le druide…
On ne les invente pas. On les réactive via la psychologie, l’astrologie humaniste, le développement personnel, les flammes jumelles, les différentes méthodes de management qui s’inspirent de tous ces codes….
Le mythe des flammes jumelles raconte moins une rencontre amoureuse qu’un processus d’individuation ancré dans le réel, tout en maintenant une part de la symbolique sacrée nécessaire à l’individu pour évoluer.
La spiritualité donne du sens à notre quête existentielle.
Ce mythe échoue lorsqu’il est pris au pied de la lettre.
C’est là qu’il cesse d’aider à grandir.
Les Romains s’inventaient une filiation pour se légitimer pour gagner en notoriété. Leur Curriculum Vitae relevait de cette intention d’être vu, et reconnu et aimé.
Aujourd’hui, il y a le storytelling, les réseaux, l’identité narrative. Ce CV moderne est notre mythe social du moment.
Rien n’a changé, juste le paysage, les costumes, les technologies.
Les écrivains n’inventent pas, ils révèlent.
L’écrivain ne crée pas le futur, il lui donne une forme lisible comme les mythes ont été fondateurs de notre inconscient collectif.
L’Imaginaire est notre devenir.
Sans lui, il n’y a pas de projection, pas de désir, pas de transformation.
Il est la matrice du possible.
La fiction devient une préfiguration du réel dans les romans d’anticipation, de science-fiction, les dystopies…
Les légendes, quant à elles, sont les histoires qui se créent au fur et à mesure de notre vie. C’est la mise en évidence de nos différences que l’égrégore du moment plébiscite.
Et petit clin d’œil féministe comme un petit caillou dans la chaussure des plus naïfs et des ingénues : Les contes de fées asservissent à une idéologie patriarcale.
Il fallait bien que la place, celle-là, dans un papier comme celui-là !
On pourrait même penser que les FJ sont aussi de ces contes que l’on se raconte et qui déploient un idéal de relation parfaite selon Platon.
Et boum !! je passe de mes souvenirs à l’actualité du moment qui fait froid dans le dos.
Un article, qui laisse paraître une montée en puissance de la droite et de l’extrême droite en France.
Ce dont je ne doutais pas mais qui restait encore assez frileuse à se montrer.
Et je dois dire que les pays étrangers qui en font état me semblent aussi sur une pente assez droite.
Ils offrent un regard qui blâme notre pays mais qui entre les lignes nous cite comme un exemple.
Ce qui est visible aujourd’hui n’est pas une dérive nouvelle, mais un symptôme ancien : la difficulté de l’humain à devenir sujet de sa propre vie.
La société va mal parce que l’individuation est évitée, collectivement et individuellement.
Je n’aime pas ce que le monde d’aujourd’hui nous montre de notre humanité et surtout de notre animalité.
Tant d’intelligence mise au service des technologies modernes pour ne s’en servir que dans les stratégies de conflit.
L’humain ne vit pas seulement de pain, mais d’histoires qu’on lui raconte comme un enfant à qui l’on dit tout et n’importe quoi pour le rassurer.
Lorsque son besoin de sécurité prime sur sa nature animale et humaine, il arrête de se raconter, il cesse de se penser créateur de son avenir.
Et quand il ne pense plus, il répète mécaniquement ce que d’autres lui disent.
Il tombe dans le piège des news qui construisent les guerres.
Il recherche le mythe d’une sécurité qui n’existe pas.
L’individuation est la maturité exigée pour sortir du troupeau qu’un joueur de flûte emmène jusqu’au gouffre de l’anéantissement.
Quand le mythe ne fait plus partie du symbolique, il devient un outil de pouvoir.
Etheyas Soeren
La Femme qui reprend sa voix
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